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Ces 6 semaines, c’est le socle de notre saison


Le GFC Ajaccio a été le premier club de Domino’s Ligue 2 à reprendre. Du moins, à se retrouver. Dès le jeudi 14 juin, les… Read more

Le GFC Ajaccio a été le premier club de Domino’s Ligue 2 à reprendre. Du moins, à se retrouver. Dès le jeudi 14 juin, les Gaziers ont effectués tous les tests médicaux requis. Point de départ d’une préparation longue de 6 semaines. Objectif : être prêt le 27 juillet prochain pour la réception du Paris FC. La préparation physique est toujours un élément essentiel d’une saison. Rencontre avec Emmanuel Vallance, préparateur physique du club insulaire.

MaLigue2 : Les joueurs ont-ils eu un programme à suivre pendant leurs vacances, et ont-ils tous joué le jeu ?

Emmanuel Vallance : En effet, ils avaient un programme à respecter. Ils devaient couper totalement pendant les 12 premiers jours, puis, à partir de là, chacun possédait un programme individualisé jusqu’à la reprise. Ce dernier était orienté principalement sur la partie course commune. Une autre grosse partie était davantage tournée sur la prévention musculaire. Il n’y a eu aucun excès. Nous l’avons tout de suite remarqué sur les tests. Les garçons ont bien travaillé et les résultats sont intéressants. Même ce lundi, nous l’avons encore observé.

S’entretenir pendant les vacances, est-ce un gain de temps pour les joueurs et pour votre préparation d’avant-saison ?

Surtout par rapport à la prévention. Les garçons n’arrivent pas sans entraînement à la reprise. Cependant, nous reprenons certaines bases au départ. Nous repartons sur des choses globalisées. Arriver avec un programme individualisé permet de garder le garçon en éveil et qu’il soit performant tout de suite. Nous sommes obligés d’avoir une homogénéité sur les joueurs. Reste que le club a bien travaillé en amont. Les recrues ont tous pu avoir un programme spécifique. En fait, il n’y a eu que des joueurs qui étaient auparavant blessés, comme Joris Marveaux, qui ont eu un autre travail. Aujourd’hui, ils ne sont pas en retard. D’ailleurs, ils ont repris avec le groupe mais gardent toutefois un programme différent.

Comment donner envie aux joueurs d’effectuer la préparation physique avec le sourire, alors que ce n’est pas toujours la partie préférée d’un footballeur ?

Pas pour tous. Vous avez plusieurs profils de joueurs. Ceux qui ont effectivement du mal avec la partie physique. Et ceux qui sont à l’aise avec les courses. Plus tu es à l’aise, plus cela devient facile pour toi. Ici, nous avons choisi de consacrer les matinées à la partie athlétique, et les après-midi au ballon. Tu n’as donc pas de forme de redondance. Les joueurs arrivent le matin, effectue la séance physique, suivent ensuite le protocole de récupération, puis nous mangeons ensemble. Suivent la sieste et la deuxième séance quotidienne.

Nous sommes donc sur un travail vraiment dissocié en ce moment ?

Pendant ces 6 semaines de préparation, davantage, oui. Nous voulons mesurer et quantifier le travail dissocié avec des temps de passage. La commande passée par le coach sur le travail technique et tactique répond à nos préconisations physiologiques. Nous lui donnons la durée de la séance, le temps de récupération, les distances de terrain… Nous avons une vraie transversalité dans le staff afin d’adapter nos séances.

Quel est le fil conducteur de la préparation ?

Nous jouons sur la durée. L’idée générale, c’est de débuter avec un gros volume à faible intensité et de finir avec une grosse intensité et un volume plus réduit. Nous inversons les choses durant ces semaines.

Il n’existe aucune recette miracle dans une préparation ?

Malheureusement, non (sourire). Cela fait la beauté de notre métier. Il n’y a aucune vérité. Chaque préparateur possède ses méthodes de travail. Chacun a une philosophie différente. Nous avons tous nos spécificités. Et puis, une préparation à Ajaccio, ce n’est pas la même qu’à Sochaux. Tu n’as pas le même public, le même environnement. Nous avons tous, cependant, en tête la charge de travail. Il ne faut pas que les joueurs soient en sous-régime et en sur-régime. Nous devons jongler au mieux.

Vous évoquiez la différence entre Ajaccio et Sochaux. Le climat joue-t-il un rôle prépondérant ?

Cela joue au niveau des horaires. Nous nous entraînons plus tôt le matin et plus tard l’après-midi. Ici, en Corse, nous prêtons une attention particulière à l’hydratation. Nous faisons aussi attention à l’exposition au soleil. Nous conseillons les garçons sur la climatisation des chambres, sur une chambre à 18°C… La chaleur joue vraiment, oui. Mais, finalement, les qualités du préparateur physique, c’est de s’adapter aux changements et aux variations du temps.

Comment ajustez-vous votre préparation d’année en année ?

La philosophie reste la même. Après, cela change en fonction du public, du matériel. Je n’aime également pas reproduire 3 fois le même échauffement. J’essaye toujours d’aller chercher des idées novatrices, que l’on peut trouver dans d’autres sports. Nous essayons d’inclure des nouveautés, des effets de mode aussi. Par exemple, il y a quelques années, certaines équipes étaient sur une préparation dite intégrée. Nous nous dissocions la séance du matin, et intégrons sur celle de l’après-midi. Avec l’expérience, tu vois certaines choses sous un angle nouveau.

Vous avez un autre préparateur à vos côtés. Était-ce un souhait de votre part ?

Nous axons notre travail sur l’innovation et l’individualisation. En étant tout seul, cela devenait compliqué de gérer le tout. Nous devions avoir une compétence supplémentaire. Nous formons donc un duo, une même forme dynamique. Nous sommes toujours dans le souci de performance, dans la volonté de toujours proposer des contenus individualisés aux joueurs. Aujourd’hui, les staffs se développent de plus en plus. En restant seul, cela devenait vraiment compliqué de tout faire dans la modernité de la préparation.

L’objectif est d’être à 100% au 27 juillet ou une montée progressive est-elle prévue ?

Le but, c’est d’amener le maximum de joueurs en forme pour le début de saison. Nous devons être performants le premier match, mais aussi l’être sur la durée. Ces 6 semaines, c’est le socle de notre saison. Nous devons profiter de ce moment.

D’autant que 6 journées de Ligue 2 sont prévues en juillet-août, ainsi qu’un ou 2 tours de Coupe de la Ligue…

Oui, c’est encore plus délicat. C’est vraiment un mois très important pour tous les clubs de Ligue 2. Nous devons apprendre à gérer l’aspect récupération et l’aspect rotation !

Article : Maligue2.fr – 21 Juin 2018 – Laurent Mazure

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